Rapport religion et politique à l’ère du changement : Boni Yayi toujours dans l’étau des églises évangéliques
Il est une malhonnêteté intellectuelle grave d’objecter l’immixtion que font les religieux dans la sphère politique aujourd’hui dans notre pays. Longtemps, les Béninois ont condamné l’omniprésence des pasteurs dans l’entourage du Dr Boni Yayi et ne cessent de s’en offusquer. La chose a atteint une propension vertigineuse au point que le Chef de l’Etat s’est, au final, fait otage des églises évangéliques. A preuve, en dépit des critiques formulées à son encontre que laissent transparaître les débats au sein de l’opinion, il peine à s’en départir. Et voilà la pratique qui s’enracine jour après jour, tant elle est entretenue avec intensité.
L’attitude des pasteurs, face à cette impuissance du Chef de l’Etat de se débarrasser d’eux, frise de la politique de l’Autruche teintée d’une posture à la je m’en fout des qu’en dira t-on. Or, les réalités politiques sont là. Aussi cette cohabitation incestueuse du religieux et du politique, une des innovations extra-rationnelles des acteurs politiques du changement il faut avoir le courage de le dire a t-il suffisamment étalé ses limites et plus précisément depuis avril 2006. De par leurs agissements, les fidèles chrétiens des églises évangéliques sous le couvert de leur manteau d’évangélique mènent des activités politiques souterraines au détriment des enseignements bibliques. Ce qui devient pour nombre d’entre eux une vache à lait.
En terme terre à terre, un fond de commerce. Et partant, on a l’impression que la religion s’est métamorphosée en politique à court terme et immédiatement rentable sous le changement. La conséquence directe de cette « pateurisation » de la chose politique est que les milliards dont dotent les églises évangéliques certains ministères sont déviés de leur destination authentique pour servir parfois à des fins personnelles. Le lobby qu’ils ont savamment installé contraint les deux représentants qu’ils ont dans le gouvernement, Noudégbessi, Zinzindohoué à être à leurs côtés dans les églises sous le prétexte d’une prétendue séance de prière organisée à l’intention du Dr Boni Yayi. Aussi compte t-on parmi ces religieux qui plongent Boni Yayi, le pasteur Alokpo. Un sectaire qui est à cheval sur la présidence et le ministère de l’intérieur. C’est sans fait cas du défilé que font les évangéliques les soirs dans ledit ministère après que les agents soient rentrés chez eux. Dans tous les cas, des pasteurs font du beurre sur le dos des fidèles. A partir de ce moment, il est aisé de donner une caution morale nauséabonde à la sincérité des pasteurs qu’on compte dans l’entourage de Yayi.
Loin de l’aider à bien gouverner le pays, ils l’aident à conduire le pays dans le ravin en sapant son image sur fond de charivari au mépris des prescriptions religieuses. Qui a d’ailleurs dit qu’ils ne sont pas indexés dans les cas de bévues politiques que commet Boni Yayi. Et comme qui veut aller loin ménage sa monture, il est encore tant au Chef de l’Etat de se racheter en réorientant son fusil d’épaule aux fins de soigner son image. Revoir son rapport avec les pasteurs serait l’idéal pour colmater les brèches. Cela fait partie des gris dont il a besoin pour briguer haut les mains un second mandat en 2011. A bon entendeur, demi-mot
P.A.
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