Après la participation catastrophique du Bénin à la Can Angola 2010 : L’équipe nationale dissoute, Michel Dussuyer remercié
La participation catastrophique du Bénin à la Can-Angola 2010 fait déjà des victimes. Hier, à l’issue de sa réunion extraordinaire, la Fédération béninoise de football (Fbf), version Anjorin Moucharafou, a procédé à la dissolution de l’équipe nationale. Et l’entraîneur national, Michel Dussuyer a été remercié.
Ça commence. Après les joueurs et l’entraîneur, à qui le tour ? Du ministère de tutelle et de la Fbf. Car, si les joueurs et les l’entraîneur n’ont pas su jouer leur partition, la responsabilité incombe aussi aux dirigeants. Chacun à son niveau n’a as joué correctement son rôle. Les joueurs et l’entraîneur ne doivent pas être les seules victimes. Et le ministère de tutelle avec à sa tête Etienne Kossi qui a manqué trop de doigtée pour gérer l’organisation ? Le Chef de l’Etat a donc intérêt à interpeller son ministre. Car le peuple béninois attend avec impatience le bilan de cette participation honteuse. Il s’agira d’un bilan détaillé et non d’un bilan superflu.
Ce qu’on reproche à Michel Dussuyer
L’élimination précoce du Bénin de la Can 2010 en Angola met déjà en cause l’encadrement technique des Ecureuils. Avec en point de mire, l’entraîneur Michel Dussuyer dont le parcours suscite, aujourd’hui, interrogations.
Recruté en juillet 2008 pour diriger la sélection nationale pour sa rigueur surtout, des objectifs clairs ont été assignés au français : la Can Angola2010. Le choc de l’échec en Angola et la psychose qui en découle nous amènent à décortiquer les 20 mois du technicien en cinq questions.
Les faiblesses de Dussuyer
Avec ce que le technicien français a montré dans sa première compétition chaude avec les Ecureuils à Benguela, on est en droit de douter de ses capacités à faire mieux avec le même groupe à partir de septembre. Avec les noms dont il dispose, il n’a pas été capable, en deux ans quasiment, d’en faire une équipe qui, bien coachée, aurait pu faire très mal. La défense, le milieu sont restés en perpétuels mouvements. D’où l’incohérence entre les lignes de l’équipe. Le jeu béninois n’a toujours pas convaincu jusque-là. Il ne repose que sur ses individualités. Au cours de cette Can 2010, Michel Dussuyer a été incapable de bien gérer un match face au Mozambique, au Nigeria et à l’Egypte
A-t-il rempli sa mission en Angola ?
Avant l’élimination totale de l’équipe béninoise de la compétition, beaucoup voyaient en lui un bon bilan. Puisqu’il a réussi à faire qualifier le Bénin. Alors qu’on sait comment le Bénin gagne ses matches en phase éliminatoire. Il a suffi de la Can 2010 pour voir que ce parcours ne reposait pas sur du solide. Un bilan qui s’écroule en trois matches. Au moment où on le voyait se bonifier. « Je suis venu pour la Can. J’ai réussi ma mission. Mon contrat court jusqu’en Juin. S’il faut rester je vais discuter avec la fédération et le ministère de tutelle. C’est normal que je sois le premier à être accusé. J’ai des regrets parce qu’on n’a pas pu tenir notre promesse », a-t-il affirmé au sortir du dernier match contre l’Egypte perdu 0-2. En clair, le français n’a pas rempli sa mission. Alors, s’il faut continuer avec lui, qu’aura-t-il encore à apporter?
L’homme est-il vraiment rigoureux ?
Ce ne sont pas tant les qualités techniques de Michel Dussuyer qui ont séduit la Fédération béninoise de football (Fbf) et le ministère de tutelle à l’engager en 2008. Avec les joueurs aux caractères difficiles, elle cherchait plutôt un technicien qui viendrait leur imposer la rigueur. L’instance fédérale a cru trouver cette qualité en lui. Elle s’est trompée sur son compte. Car, Dussuyer donne l’impression d’être rigoureux sans vraiment l’être. Il ressort de façon récurrente qu’il a du mal à gérer certains joueurs. A cela s’ajoute son manque d’audace.
Incapable d’asseoir une animation défensive et offensive
Il faut le répéter afin que certains comprennent et qu’ils évitent d’occulter la principale raison de la sortie cauchemardesque des Eléphants à la Can 2010. Depuis juillet 2008, le technicien français a été incapable d’asseoir une bonne animation défensive chez les Ecureuils. Lesquels ont toujours encaissé les buts de la même manière depuis près de 4 ans. En débarquant au Bénin, l’ex-entraîneur de la Guinée savait que la défense était le talon d’Achille de cette équipe. Et que dire du milieu de terrain et de l’attaque. Là, c’est le comble. La preuve, lors des éliminatoires, la défense a souffert face à des attaques moins puissantes.
Incapable de gérer des matches ?
Franchement, il faut poser la question à Michel Dussuyer. Mais de source bien informée, lui et son staff ont passé leur temps à faire un travail foncier immense, au grand dam des joueurs. La preuve, ce sont des joueurs carbonisés qui se sont présentés devant les Super Eagles et les Pharaons. Ils ont souvent terminé la partie étranglée par la fatigue. Et on connaît la suite. En tout cas, Michel Dussuyer ne sait pas la bonne notion de gestion d’un match.
Quel projet de jeu ?
Une équipe, c’est une organisation de jeu. Mais jamais, on n’a senti cette organisation chez nos Ecureuils. Cette sélection n’a jamais évolué en équipe. Les équipes bien organisées tactiquement et collectivement créent toujours de problèmes aux poulains de Dussuyer. Or, une bonne équipe évolue dans un schéma bien structuré.
Moralité
L’échec des Ecureuils à Benguela s’explique par des défaillances sur le plan tactique, technique, physique, collectif et individuel. Qui règle tous ces problèmes ? C’est l’entraîneur. Et puis ce monsieur sait tout. Il nous l’a fait savoir lors des conférences de presse. Il sait toujours comment l’adversaire allait jouer. Mais jamais, il n’a pu résoudre les différentes équations qui se sont présentées.
L’équipe nationale à l’heure de la refondation
En tirant les enseignements de la Can -Angola 2010, le comité exécutif de la Fbf, à travers sa décision d’hier a décidé de prendre les orientations qui s’imposent. Reconstruire l’équipe, en se passant de plusieurs joueurs vieillissants, instaurer une discipline interne pour mieux refléter les valeurs du pays et atteindre les objectifs. Quoi de plus normal. D’ailleurs, tel était le vœu de tout le Bénin sportif. L’Etat a dégagé des sommes importantes pour cette participation mais rien. L’entraîneur et les joueurs sont mis en cause. L’environnement de l’équipe était vicié. Il continuait d’exister autour les querelles byzantines qui y ont toujours prévalu depuis des années. L’heure des comptes ayant sonné, l’on se demande encore, aux différents niveaux de responsabilité, quelle attitude il faut adopter.
Les grands regrets ? Prendre tout avec philosophie ? Situer les responsabilités ? Sanctionner les fautifs ? Et c’est ce qui a commencé? Il est vrai qu’en cas de défaite et d’élimination, l’entraîneur est le premier désigné fautif. Et Michel Dussuyer a une grande part dans cette sortie prématurée du Bénin. Son hésitation permanente dans le choix des hommes (autant pour sa liste finale des 23 que pour ses différents classements) lui a valu de payer le prix amer. Très obnubilé par le nom et la renommée de certains joueurs, il a préféré aller à la Can avec des joueurs diminués, plutôt que de prendre ses responsabilités à les remplacer (ou certains d’eux) par de jeunes ou de joueurs moyens en bonne santé. On a souvent l’impression que le technicien français manque d’audace au point de finir la Can sans avoir essayé les jeunes qui sont appelés à faire la relève. En somme, les Ecureuils ont payé aussi le prix de l’inexpérience.
Et les joueurs
Pour ce qui est des joueurs, l’on n’a pas entendu de grandes frictions capables d’éclabousser la cohésion de l’équipe. Les joueurs on semblé former un groupe compact et avaient de grandes ambitions. Mais hélas, les «supposés» grands sont passés à côté de leur sujet, où ils devaient faire le gros du travail d’organisation. Arracher un nul n’était pas une mer à boire contre une équipe du Nigéria moyenne, après avoir bien sûr battu le Mozambique. Pour cette cuvée des Ecureuils en Angola, joueurs, techniciens et dirigeants sont en grande partie, responsables de leurs résultats. Le gâchis est total, autant pour le talent collectif que pour l’énormité des moyens dégagés pour cette campagne.
Après le gâchis que faire ?
Seul maître mot : la refondation. Dans cette «refondation», il faut reconstruire une équipe nationale de nos ambitions qui reflète aussi nos valeurs, qui serve de véritable exemple aux jeunes du pays. Cet exemple va de la capacité de connaître les aspirations du pays, de respecter les attentes du public à la prise de conscience de servir de vitrine civique.
Dans cette reconstruction, il faudrait redéfinir le statut et la nature du joueur international, de ce qu’il doit refléter pour les jeunes, de ses engagements vis-à-vis du pays. Toutes choses que les dernières générations n’ont pas démontrées, ce qui explique la critique récurrente du grand public de ne pas voir des joueurs qui mouillent le maillot. Cette reconstruction commence dès maintenant, avec donc un véritable code de conduite. Il faudrait qu’au tout prochain match qui suit cette élimination d’Angola, que l’on sente le chantier véritablement sorti de terre. Que l’on voit un nouveau visage, un sang neuf, une nouvelle ambition à travers les hommes. C’est tout de même là l’évolution normale des sélections.
Sans ambages, il y a nécessité de ne plus faire revenir les vieux. Damien Chrysostome, Jocelyn Ahouéya, Félicien Singbo, Seydath Tchomogo, et autres Razack Omotoyossi qui ont fait de leur mieux au service de la sélection et de la nation doivent plus revenir. Si l’on veut aller loin dans les reformes, il faudrait qu’on se sépare d’eux. Pas qu’ils n’ont pas la valeur de continuer à jouer, mais qu’une page doit se fermer, et avec eux et avec certains autres joueurs. Dans cette nouvelle page, il faudrait réhabiliter le «joueur local», car c’est lui qui vit le quotidien au pays. Donner une place aux meilleurs joueurs locaux permettra de revaloriser nos compétitions nationales qui sont déjà d’un bon niveau. Le gâchis de ces dernières années doit être vite consommé. Il faut donc avoir le bon balai qu’il faut. Balayer dans les têtes et sur le terrain pour avoir une sélection saine. Tel est le travail de l’heure. Il faut aussi avoir le courage de le faire en attendant le début des prochaines éliminatoires en septembre prochain. Et c’est en cela que nous saluons la décision du comité exécutif de la Fbf qui, aussi, n’est pas à l’abri de toute sanction.
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